L’eudémonisme biomimétique est un concept écophilosophique. Comme tout concept, il s’agit de mots compliqués pour essayer d’exprimer des choses simples mais beaucoup plus longues à décrire qu’en deux mots. Étant composé de deux mots, commençons par en expliquer le premier. 

L’EUDÉMONISME 

L’eudémonisme est une doctrine philosophique qui pose que le bonheur est le but de toute vie humaine. Il s’oppose en cela à l’hédonisme qui, lui, postule que le but de la vie est le plaisir. 

Nous recherchons tou-te-s le bonheur, sans parfois bien savoir comment le définir. Pascal disait du bonheur qu’il est « le motif de toutes les actions de l’homme, jusqu’à ceux qui vont se pendre ». Pour éviter d’aller jusque-là, où devons-nous chercher le bonheur ? C’est là qu’intervient le biomimétisme dans notre concept. 

Comment donc se construire un bonheur durable ?

LE BIOMIMÉTISME 

Le biomimétisme est une méthode de résolution de problèmes qui part de l’idée que le Vivant est un immense laboratoire de Recherche & Développement vieux de 3.8 milliards d’années. Dans ce laps de temps, depuis la première étincelle de vie monocellulaire, le Vivant a inventé des millions de solutions pour répondre aux problèmes rencontrés dans son déploiement, afin de ne jamais s’éteindre et retomber dans la froideur de la matière inerte. Aujourd’hui, le biomimétisme consiste à observer des espèces ou des écosystèmes pour s’en inspirer en vue d’améliorer les formes de nos objets, les matériaux que nous employons, et les systèmes que nous mettons en place, dans un souci de durabilité. 

Le Vivant est une source inépuisable de sagesse. Apprendre à le connaître, c’est déjà se rapprocher du « Connais-toi toi-même. »

L’HYPOTHÈSE DE L’EUDÉMONISME BIOMIMÉTIQUE 

Or, l’eudémonisme biomimétique émet l’hypothèse que nous pourrions pousser la bio-inspiration plus loin en tirant de l’observation du Vivant des leçons quant à nos possibilités d’un bonheur durable. 

En effet, depuis son origine, la Vie, prise en tant que phénomène global, se déploie en suivant certaines caractéristiques (croissance, créativité, diversité, interdépendance, etc.), aussi immuables que la loi de la gravité. Or, à bien y regarder, nos existences individuelles et celle de nos sociétés semblent parfois appliquer une logique contraire au Vivant – qui aboutit aujourd’hui aux crises que nous connaissons : climatique, écologique, politique, sanitaire, érosion de la biodiversité, perte de sens… L’eudémonisme biomimétique pousse l’idée que nous aurions tout à gagner à reprendre conscience du flux de la Vie pour mieux l’épouser – et tout à perdre à vouloir lui résister ou lui faire obstruction. Vivants au milieu du Vivant, nos vies gagneraient en sens (signification) à en retrouver le sens (direction) : celui d’un élan vital créatif dont le but même est de favoriser la Vie sous toutes ses formes. 

Il s’agit, au fond, de renouer avec la sagesse antique des stoïciens qui nous invitaient à « vivre en accord avec la Nature » pour atteindre le bonheur, sans oublier d’y adjoindre les connaissances les plus modernes des sciences du vivant.